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Vers de nouvelles Terres
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Beticok Sqazle
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MessagePosté le: Dim 29 Mai - 20:17 (2011)    Sujet du message: Vers de nouvelles Terres Répondre en citant

Le vent souffle, morne et froid, sur le campement de ceux qui furent des Écorcheurs. Mais depuis hier ils ne le sont plus ! Bien sûr cela ne change rien ! Ils sont toujours les mêmes guerriers endurcis et sans pitié, mais il s ont retrouvés leur nom et leur honneur. Et une terre les accueillera bientôt ! Alors ils ont bu ! Énormément ! Encore plus que d’habitude ! Et alors que l’aube se lève avec douceur sur les dernières cendres d’un feu de camp qui se meurent, tous les Haladins de Brethil profitent de la paix du royaume des songes. Tous ? Pas exactement !


Dans la tente de commandements, sur une table en vieux bois, sont étalées des cartes de tout le monde connu. Dessus se pendaient un nain et un elfe, en pleine discussion. Dessous ronflait Dame Akka, qui avait abandonné le challenge après le dixième tonneau de bière, découvrant avec surprise que la géographie ne l’intéressait pas du tout.


- Durin m’a dit au centre des terres connues !
- Que ce soit à son époque ou à l’a notre, le centre se trouve dans les environs du Grand désert.
- Que sais-tu sur ce désert, me demande Thurin ?
- Pas grand-chose, j’en ai peur. C’est un lieu de températures extrêmes, assez pour déclencher des tornades de flammes à l’heure du Zénith, ou pour geler tout être vivant durant la nuit.
- On risque d’y trouver de la glace, alors !
- Aucune chance !


Je me tourne vers Thurin, le visage grave. J’ai passé une grande partie de notre voyage de retour, et de la nuit qui se termine avec l’aube étincelante, à rechercher des informations concernant notre prochaine destination. Thurin voit dans mes yeux à quel point les nouvelles que je lui apporte sont mauvaises. Mais il ne sait pas encore pourquoi !


- Ce lieu, continue-je, une once de dégoût dans la voix, est craint même des monstres les plus horribles. Ce lieu est l’endroit le plus aride sur terre ! Il existe des points d’eau, cela est sûr, mais personne n’a jamais réussi à les trouver !
- Personne ?
- Seul un peuple vit là-bas ! Le peuple maudit ! L’engeance du démon ! Les Nadirs.
- Qui sont-ils ?
- Les quelques légendes que j’ai pu trouver racontent qu’ils sont le fruit de l’amour d’un démon et d’une elfe. De tels couples ont existé par le passé, mais ils n’ont jamais pu procréer ! Sauf pour le cas des Nadirs ! Leur peau est rouge, et leurs yeux brillent comme des rubis ! Des cornes d’ébène ornent leurs cranent. Ils sont plus résistants que des nombreux peuples aux conditions de ce désert, mais cela ne serait pas suffisant pour y vivre !
- Comment font-ils, me demande Thurin, sa curiosité attisée par mes révélations ?
- Il est dit que leurs ancêtres furent chassés de leurs terres, envoyés en exil dans le désert, ce qui équivalait à une peine de mort. Mais ils ont trouvé un moyen de survivre. Ils ont du trouver un abri, un endroit pour se protéger de la chaleur. Et ils connaissent les points d’eau du désert.
- Personne d’autre ne les connait ?
- Ces points changent, selon l’époque, la température et les phénomènes célestes. Seuls les Nadirs savent où trouver de l’eau quand il faut. On peut avoir de la chance et trouver un où deux points, mais on ne peut en trouver assez pour notre voyage !
- On peut amener nos réserves d’alcool !
- Je ne pense pas qu’elles tiendront la température ! Et même si c’était le cas, la température plus l’alcool seraient mauvais pour nos têtes !
- On pourra en emmener de petites réserves, mais j’ai bien peur que nous soyons obligés de boire de l’eau pour survivre à ce lieu !


Soudainement, on entend un grand bruit et la table fait un bon, avant de se renverser plus loin. Akka se relève vivement, le visage affolé, en proie à une véritable terreur ! Le chiot qui dormait à ses côtés glapit de peur, et court se rouler en boule dans un coin de la tente, alors que la Dame, sans même faire attention à ne pas renverser ses chopines de bières au sol, m’attrappe par le col, et commence à m’interroger en me secouant tel un prunier !


- Boire de l’eau ! Tu es fou, dit-elle ! Et quoi d’autre ? Annuler les exécutions et faire du jardinage ! je suis en train de rêver ! C’est un cauchemar ! C’est la Cauchemar ! Comme avant ! Non !


Ne pouvant la maitriser de manière raisonnable, Thurin l’assomme pour la calmer !


- Bien Beti ! Le désert est dangereux, mais nous ne prévoyons pas de nous établir dans le désert ! Il doit y avoir une erreur !


Je ramasse une carte au sol, et la frotte de ma manche pour enlever la terre du point qui m’intéresse, puis je la montre à Thurin. Je pointe du doigt un endroit particulier, au milieu du désert.


- Voici les monts maudits des Agriates ! Même les nadirs ne s’en approchent pas ! Avant même qu’ils ne peuplent ce lieu, quand personne encore n’avait pu tracer une carte du désert, ces montagnes furent maudites ! Il est dit qu’une tempête apocalyptique garde le seul col qui permet d’accéder à ce lieu ! J’ai lu les descriptions, et cela correspond à ce que Durin t’a dit ! Je pense que cette tempête est la barrière magique qui protège le tombeau de Durin !


En écoutant l’exposé du ménestrel et chroniqueur du royaume, Thurin caresse pensivement le tatouage qui orne son bras droit, la clé, que son ancêtre lui a remise, vers leur terre promise. Puis d’une manière inattendue, Thurin sourit !


- Eh bien mon ami ! Si nous faisons de cette terre notre citadelle, ce sera la naissance de la place forte la plus imprenable qui ait jamais existé !


Et il éclate de rire !
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MessagePosté le: Dim 29 Mai - 20:17 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Beticok Sqazle
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MessagePosté le: Lun 30 Mai - 11:34 (2011)    Sujet du message: Rassemblement au camp Répondre en citant

Plusieurs heures après midi, quand enfin tous sont levés, Thurin demandent à tous ses fidèles guerriers de se rassembler. Bien sûr, cela demande un peu de temps ! Après tout, les résidus de la fête vespérale de la veille bloquent les fonctions cognitives, et parfois même les fonctions motrices, de la plupart des glorieux Haladins de Brethil. Mais tant bien que mal, et avant que l’astre du jour ne décline vers le crépuscule, nous arrivons à rassembler tous nos fidèles.


- Haladins de Brethil ! L’avenir nous est offert ! Une terre encore inconnue, que personne n’a foulée depuis dès millénaires, nous est offerte ! Mais pour pouvoir posséder celle-ci, nous devrons traverser maints périls ! Je sais que vous ne tremblez devant rien, mais cette quête sera plus dure et éprouvante qu’aucune des précédentes ! Et comble du malheur, il nous sera impossible, tant que nous souhaiterons avoir une chance de réussir, de nous abreuver de bière ou d’un quelconque alcool durant ce périple.


Les paroles de Thurin, tel un vent glacé soufflant sur une plaine déserte, réveillent d’un seul coup tous les guerriers. Fini le mal de tête et les étourdissements, seul reste l’horreur des derniers mots. Cette foule, qui braverait sans une seule hésitation une armée de Dragons sombres, engeance même de Tiamat, et porteurs de Chaos, mais cette simple petite phrase, que son chef leur impose avec force, la comble d’effroi. Tant et si bien que Kociteb se trouve même à applaudir cette magnifique prestation !


- Je vais maintenant désigner les braves qui m’accompagneront dans cette aventure. Nous traverserons les dangers en groupe réduit, pour pouvoir enfin ouvrir la voie au reste des troupes ! Ce groupe, que je mènerais, héritera des tâches les plus rudes, et de la plus forte abstinence ! Pour la puissance et les combats, les maîtres de leurs arts, archerie pour Krissom, et magie Pour Lalaline. Viendront également deux de mes plus fidèles compagnons, qui ont partagés maints périls avec moi, Haroutioume et Dame Akka ! Beticok nous accompagnera, utilisant ses grimoires et ses connaissances pour nous ouvrir la voie ! Et si quiconque ici souhaite nous accompagner, il sera le bienvenu.


A la suite de cet exposé, les réactions sont partagées. Le plus grand nombre est soulagé, soulagé d’éviter le pire. Krissom grommèle mais vérifie machinalement la tension de son arc, se préparant à s’abreuver du sang de ses ennemis durant son jeûne de bière. Lalaline reste fière et digne, mais un petit sourire sur ses lèvres témoigne de l’amusement qu’a déclenché chez elle les réactions de la foule : certes elle aime boire, mais elle n’est point naine, et la nécessité de boire de l’eau ne lui est pas aussi répulsive que chez ses frères d’armes. Harou ne dit rien ! Certes, se passer de boisson n’est pas agréable, mais si son roi part en quête, il le suivra, devrait-il boire une rivière entière pour cela (mais pas plus ! Après ça fait vraiment trop, surtout pour un nain !). Dame Akka elle est agenouillée par terre, sanglotant bruyamment, et caressant une des têtes de son chiot :


- Tu te rends compte, renifle-t-elle ! Ils me font ça à moi ! Pas boire… Pas de bière… C’est trop injuste ! Tu imagines ça toi ! Être obligé de boire de l’eau ! ils sont trop méchants ! Vont-ils me demander de participer à des œuvres de charité après ?


Mais personne n’y fait vraiment attention, tout d’abord parce qu’ils savent qu’elle obtempérera au final, et surtout car un évènement attire leur attention ailleurs. Stelius lève la main, d’un air un peu embarrassé. Deux ou trois de ses compagnons les plus proches tentent de le raisonner, mais en vain. Le jeune nain est décidé, et l’appel de l’aventure est plus fort que celui de la boisson (qu’est-ce que vous voulez ? Il fait sa crise d’adolescence !).


- Je veux vous accompagner, ô mon roi, arrive-t-il à dire, malgré quelques trémolos dans voix.


Thurin sourit pour accueillir le nouveau brave qui nous accompagnera, puis reprend finalement.


- Bien ! Moi-même, Lalaline, Krissom, Harou, Akka, Stelius et Beti partiront le plus tôt possible, dès que nos préparations seront faites ! Le Capitaine Gueux-le-de-Bois, Nordberg, sera durant mon absence votre régent ! Vous vous adresserez à lui pour toutes les questions cruciales ! Mais je vous déconseille de lui demander des conseils au niveau vestimentaire, dit-il en lorgnant le tutu rose dont le nain est tout fier. Mes Frères ! Préparez-vous à fonder l’Empire le plus puissant, et la Citadelle la plus magnifique, que ce monde ait jamais vus !
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Beticok Sqazle
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MessagePosté le: Mar 31 Mai - 11:29 (2011)    Sujet du message: Akka et ses bêtes Répondre en citant

Nous nous approchons d’un grand bâtiment, construit avec de gros et lourds rondins de bois, le seul bâtiment du campement qui ne soit pas de toile, et qui possède un semblant de toit. Mais c’est normal ! Pour garder les puissantes montures ailées de nos troupes, un enclos n’aurait jamais pu suffire.


Voyant les sept membres du corps expéditionnaires s’avancer, le garde en faction, qui somnolait quelques peu, se redresse vivement et tente de faire un salut de la manière la plus digne qui soit. Puis il ouvre le lourd battant qui mène vers les écuries, et Akka se précipite à l’intérieur, oublieuse de toute convention, ou tout cérémonial (il faut dire que les questions de protocoles, excepté celles de quel alcool doit être servi à quel moment, n’ont jamais vraiment été son point fort) !


- Amadeus, crie-t-elle en sautant au-dessus des barrières et au cou d’un des gigantesques animaux ! Tu m’as manqué ! Tu sais que on est parti très loin, et de là-bas j’ai ramené une boule de poil ! Faudra bien t’entendre avec lui !


Et tandis qu’Akka parle à son draiglon (=Dragon-aigle), J’explique au reste de mes compagnons (sachant pertinemment qu’elle ne m’écoutera pas de toute façon) le reste du voyage :


- Nous emprunterons la voie du ciel plusieurs jours durant, pour arriver en bordure du désert. Nous renverrons ensuite nos montures vers le campement.
- Pourquoi ne pas les utiliser pour traverser le désert, me demande Krissom ?
- Deux raisons ! Premièrement, la puissance des vents au-dessus du désert est phénoménale, et on assiste souvent à de violentes tempêtes. Je préfère personnellement ne pas être dans les airs à un tel moment.
- Et l’autre raison, demande Stelius ?
- Nous allons devoir transporter nos vivres et notre eau, en plus de nos chargements. Et si vous avez une idée de la quantité que boivent ces bêtes là, vous comprendrez qu’on ne peut pas les amener dans un endroit où on risque d’avoir du mal de trouver assez d’eau pour nous hydrater nous-mêmes !
- Amadeus ne boit pas d’eau, me crie Akka, après avoir entendu mes dernières paroles ! Il boit que de la bière !
- C’est encore pire ! Nous n’amènerons que très peu de ta boisson favorite Akka ! Pas plus d’une gourde par personne ! Te sens-tu donc le cœur à partager ta maigre ration avec Amadeus ?


Je me tourne vers Akka, qui se trouve alors être pendue au cou de son animal, et je lui adresse un sourire serein. Elle me retourne un regard plutôt angoissé, avant de se tourner vers son draiglon.


- Qu’est-ce que t’as toi ? Tu veux me piquer ma bière, c’est ça ? Je vois à ton air narquois que c’est ton but !...


Sa monture affiche soudain un air apeuré, ne comprenant pas la soudaine colère de sa maîtresse, et il lui décoche un regard suppliant si pitoyable qu’il ferait fondre la banquise ! Mais cela ne suffit pas pour calmer la naine, qui est soudainement contente de ne pas se faire accompagner de son animal tout le long du voyage.


- Tu pourras amener ton chien par contre, la rassure-je finalement ! Il ne boit pas beaucoup..
- Mais que de la bière, me dit Akka !
- Non, rigole-je ! Magdalina le trouvait mignon ! Que veux-tu ? c’est une elfe ! Alors elle lui a fait boire plein de choses ! Jus de framboises, d’aubergines, de goyaves, et même d’endives !


Akka manque de s’étouffer en entendant cela ! Puis elle me regarde avec un air de reproche sur le visage :


- Et tu as juste regardé ?
- Non ! Non, bien sûr ! J’ai beaucoup ri également !
- Arghhh, s’écrie-t-elle en me sautant au visage pour tenter de m’étrangler !


Heureusement pour moi, Lalaline, d’un geste nonchalant de la main, déchaine ses pouvoirs et plaque la naine au sol ! Quelle grandeur d’âme, direz-vous ? Non, répondrais-je ! Je pense juste qu’elle est curieuse d’entendre la faim de l’histoire, et peut-être qu’elle souhaite également ne pas voir notre expédition retardée, faute de guide pour les mener dans le désert !


- Mais bon, au bout d’un moment, continue-je, j’ai pris l’animal en pitié ! Je sais, c’est étonnant de ma part ! Peut-être qu’inconsciemment je voulais voir sa réaction ! Toujours est-il  que je lui ai offert une écuelle d’eau, qu’il a grandement apprécié après tout ces jus ! Il m’a fait la fête pendant presque une heure ensuite ! Donc tu vois ! Il n’y aura pas de problème de ce côté !
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MessagePosté le: Mer 1 Juin - 13:00 (2011)    Sujet du message: La CREV Répondre en citant

Au centre d’une plaine dévastée, où nul espoir d’une vie nouvelle ne fleurit, galope seul un las cavalier. Son fier étalon sue et souffre, mais l’homme est pressé : il a un message à porter ! Son destrier s’écroule sous le poids de la fatigue cumulée, mais l’humain sur son dos saute au dernier moment, et atterri d’une roulade au sol. Sans marquer le moindre temps d’arrêt, il se redresse et se met à courir. Il ne porte pas d’armure, mais ses protections de cuir et ses armes pèsent tout de même un certain poids. Mais il court sans peiner.


Il traverse la plaine dévastée, une forêt infestée de créatures ignobles, les ruines de ce qui fut une grande cité, mais il n’y prête pas attention. Son cœur est à sa mission, et celle-ci ne lui laisse pas le temps de faire de pauses. Enfin il arrive dans un campement. Ce camp peut sembler étrange, et gigantesque. Des dizaines de milliers de guerriers sont rassemblés ! Des elfes, des humains, des gnomes, et même des nains et des orcs, cohabitent dans cet immense camp ! Et des dizaines de bannières, plus bigarrées les unes que les autres, définissent les quartiers des différentes peuplades ici représentées.


Mais l’homme est tout à sa tâche. Il traverse le camp sans prêter attention à ce qui l’entoure. Il néglige les babillages des elfes, les grognements des orcs, les rires des humains, les facéties des gnomes, et la mauvaise humeur des nains. Il se dirige sans hésitation vers la plus grande tente, qui est entourée par toutes les bannières de cette armée : le pavillon de commandement ! Les gardes en faction le reconnaissent, et le laisse passer.


Sans prendre le temps de se reposer ou boire un peu après sa folle cavalcade, l’homme pénètre dans l’antre des souverains, et s’agenouille devant eux. Il reste ainsi, tête baissée, à attendre le bon vouloir des rois et généraux, profitant de ce laps de temps pour reprendre son souffle. Eux ripaillent en discutant de stratégie, avant d’enfin s’apercevoir de la présence du soldat. Un des monarques, visiblement l’un des plus importants, vu sa position dans l’assemblée, décide finalement de l’interroger :


- Qui es-tu ?
- Un de mes meilleurs éclaireurs, répond un autre !


Celui qui vient de parler est bien différent des autres rois. Alors que la plupart sont richement vêtus, à la manière de leur peuple, lui porte des habits plus discrets. Les humains portent des vêtements complexes dans lesquels ils sont engoncés, ressemblant à des baudruches sur le point de rompre ; les nains portent montagnes de joyaux, gemmes et métaux précieux, étincelants tels des astres miniatures ; les elfes portent tissus sublimes, tels soies et satins, pouvant sembler légers mais irradiant de la magie qu’ils contiennent ; les gnomes portent des vêtements serrés, droits et de bonnes coupes, mais leurs chapeaux rivalisent de hauteur, mesurant parfois jusqu’au double de la taille de celui à qui il appartient ; Les orcs sont à part, un peu rejetés par leurs alliés de fortune, mais eux aussi sont vêtus de leurs plus beau atours, que ce soit des armures faites de côtes humaines, des chapelets d’oreilles, doigts ou autres organes, et le tout orné de nombreux scalps.


Mais celui qui a parlé est vêtu de cuir noir. Du cuir vieux, mais en bon état, protection efficace qui a déjà accompli son office à de nombreuses reprises, comme en témoignent les éraflures qui le décore. Sur ces avant-bras, de long bracelet d’acier, tout aussi éraflés que sont cuir, et à son côté, deux lames, dont les pommeaux témoignent de leur usage plus qu’intensif. Ces cheveux et ces yeux sont noirs, et contribue à le faire ressortir du lot des convives par sa puissante présence ténébreuse au milieu des multiples éclats de richesses. Si les autres monarques irradient leur fortune, lui irradie le danger et la guerre !


- C’est un des éclaireurs que nous avons chargé de la mission d’espionnage des Écorcheurs, continue l’homme.
- Ah oui, reprend le premier, vieux monarque à la barbe blanche ! Et quelles sont les nouvelles que tu nous rapportes, jeune homme ?
- Messires, répond le soldat ! Hier dans la soirée, leur chef Thurin, et ses guerriers sont revenus au campement de leurs troupes ! Ils ont organisé un bûcher funéraire pour l’un des leurs, tombé dans une bataille, avant de…
- Lequel était-ce, l’interrompt un nain ?
- Est-ce important, demande le vieux roi ? Cela fait un Écorcheur de moins !
- Cela peut être important, car certains de leurs guerriers sont redoutables, Gnolrik, répond le nain ! Si l’un de ses généraux est tombé, cela pourra influer sur le bon déroulement de la guerre !
- Certes, accorde le vieux souverain ! Qui était-ce ?
- Je m’excuse votre majesté, mais ce n’était point un Écorcheur ! Un de leurs amis, venu leur prêter main forte ! Ils l’appelaient Krastys le Changeforme !
- Dommage, dit le vieux souverain d’une voix lasse !
- Dommage, répond le nain en rigolant de tout cœur ! Krastys pouvait s’infiltrer où il le souhaitait, quand il le souhaitait ! S’il les avait aidés, nous aurions eu à nous méfier de nos ombres même ! Notre risque de mourir assassiner dans notre sommeil vient quasiment de disparaître !


Tous les convives se mettent à parler et à commenter bruyamment cette nouvelle, exprimant joie ou doute quand aux bénéfices qu’elle leur apporte. Et le soldat reste agenouillé, attendant une fois de plus qu’on l’interroge. Voyant que ses compères ne se pressent pas, le roi sombre lève la voix pour poser la question suivante :


- Est-ce toutes les informations que tu as ?
- Non, mon roi, répond l’homme avec soulagement !
- Qu’y a-t-il d’autre, demande-t-il alors que le silence se fait dans l’assemblée ?
- Leur quête fut couronnée de succès, même si je n’ai pu comprendre de quoi il s’agissait ! Mais durant la soirée de festivités qui a suivie, Thurin a annoncé la reconstruction des terres de Brethil !
- Ils retournent à Brethil, s’étonne l’un des convives ? Cette terre est maintenant infestée de milliers de monstres !
- Non, corrige le soldat ! Ils auraient trouvés des informations concernant le tombeau de leur ancêtre Durin, et ils compteraient y fonder le nouveau royaume des Haladins de Brethil !
- Sais-tu où ce lieu se situe, demande un elfe calme ?
- Non ! Il n’a pas partagé cette information avec ses troupes ! Mais lui et quelques-uns de ses meilleurs soldats sont partis, volant vers le levant, et il a parlé d’un désert et de difficultés liées à la chaleur et à l’eau !
- Le désert Central, territoire des Nadirs, grogne un orc !
- Il n’y a rien là-bas !
- Peu importe, les coupe le roi guerrier, ils y vont, et ils pensent trouver là-bas ce qu’ils cherchent ! Peut-être est-ce seulement des informations ! L’important est que nous savons où ils vont maintenant ! Sais-tu combien font partis dans cette expédition ? Qui sont-ils ? Et que font les autres ?
- Ils sont sept ! Le Haut-roi Thurin, la légendaire Dame Akka, le redoutable Krissom, la démoniaque Lalaline, le preux Haroutioume, le sage Beticok, et un autre qui va sous le nom de Stelius…
- Six d’entre eux sont déjà en passe d’entrer dans les légendes, réfléchit le roi sombre, dont cinq pour leurs exploits guerriers ! Et avec Beticok pour les guider, il ne fait aucun doute qu’ils iront droit vers leur objectif, sans détour inutile !
- Ce… comment déjà ?... Stelius… m’inquiète, continue le vieux roi ! Leur groupe est composé de leurs plus féroces guerriers, exception faite de leur guide ! Mais qui est ce Stelius ! Pourquoi ne se sont-ils pas fait accompagner du Seigneur des Cauchemars, ou du Tueur d’ours ! Ce Stelius est surement une de leurs armes secrètes ! Un guerrier surentraîné qu’ils n’emmènent que dans les missions les plus difficiles !
- Nous le saurons en temps voulu ! Mais que font les autres ?
- Ils sont menés par le Capitaine Gueux-le-de-Bois vers le point de ralliement, à la frontière du désert !
- Bien, soldat, vous pouvez disposer, le congédie finalement le roi guerrier. Messieurs, Dames, Nous sommes trop loin pour une action de masse efficace, continue-t-il à l’égard de ses pairs ! Je vous propose de continué à avancer à un rythme raisonnable, et d’envoyer une troupe ailée pour intercepter leurs généraux ! Il faut profiter du fait qu’ils soient isolés !
- Tu as raison, renchérit le vieux roi en se levant ! Chers amis, il est l’heure ! L’heure pour la Coalition des Royaumes Écorchés pour la Vengeance d’entrer en scène !


Et levant leurs verres à la décision prise, ils trinquent et reprennent leur ripaille.
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MessagePosté le: Jeu 2 Juin - 12:48 (2011)    Sujet du message: En vol Répondre en citant

La première partie du voyage se déroule paisiblement. Quatre jours déjà depuis que nous sommes partis. A cette allure, il ne nous faudra plus qu’une journée pour atteindre la bordure du désert. Nous essayons tous de profiter du voyage, au vu des dangers qui nous attendent, mais nous commençons malgré tout à trouver le temps long : quatre jours que nous sommes assis sur nos draiglons, à chevaucher le jour durant !


Chacun s’occupe comme il peut. Thurin est perdu dans ses pensées, réfléchissant à de nombreux sujets, et je me doute que la plupart tourne autour du thème de nos nouvelles terres et notre nouveau royaume. Dame Akka, qui a réussi à nous convaincre d’emporter un chargement de bière pour la première partie du voyage, est gaiement occupée à tenter de le vider (et même à réussir, malgré les dizaines de futs emportés).


Haroutioume, de son côté, est en train de vérifier les rouages d’une de ses dernières inventions. Il trifouille, huile les engrenages, remplace des pièces, apporte quelques modifications, et ne perd même pas de temps pour regarder où nous allons. Krissom, lui, s’ennuie un peu ! Il n’est pas aussi passionné qu’Akka pour la bière ou qu’Harou pour les inventions. Alors il vérifie ses armes, pour la vingtième fois aujourd’hui.


Stelius vole et pirouette dans tous les sens. Dans l’exubérance de participer pour la première fois à une telle expédition, il ne parvient pas à se calmer. Et personne ne fait un geste pour cela, car nous savons bien que le moment où les dangers (et le manque de bière) ruineront son humeur joyeuse risque de ne pas tarder. Alors nous le regardons distraitement faire faire de multiples figures aériennes à sa monture. Si on doit lui reconnaître un point fort, ce serait qu’il semble en parfaite osmose avec celle-ci !


Ne restent que Lalaline et moi-même. Nous discutons de divers sujets, plus ou moins importants : l’endettement de certains pays, les catastrophes naturelles, les concombres, mais aussi la chasse ou effrits dans les royaumes démoniaques, les dialectes sataniques (très intéressants, et utiles pour décrypter certains parchemins nadirs en ma possession), et surtout l’arrivée de cette jeune mage (selon les points de vue) parmi les Haladins.


- Tu es arrivée pendant notre balade aux Enfers Lala ! Qu’est-ce qui t’as poussé à joindre un groupe comme le notre ?
- L’amusement ! Tu vois, j’ai été banni, il y a fort longtemps, de mon royaume !
- Pour quelle raison ?
- J’avais incendié l’académie de magie, après avoir annihilé tous les grands mages ! La reine n’a pas trop apprécié !
- Je m’en doute, répond-je en rigolant !
- Alors j’ai fait quelques massacres par ci par là ! J’ai joint temporairement un groupe, mais peu étaient aussi cruels que moi, et ce n’était pas très drôle ! Un jour, je suis partie seule, j’ai incendié un village d’orc, et une troupe menée par Nordberg et Ragnar m’a ainsi trouvée, occupée à manger !
- Surement une vision réjouissante !
- On s’est fait forte impression ! J’ai plutôt terrifié certains soldats, avec mon apparence et mes goûts culinaires. En revanche, Nordberg et Ragnar m’ont rejoint pour participer au repas et discuter ! Enfin, Nordberg a discuté, et Ragnar a plutôt grogné. J’ai participé à une expédition avec eux, et j’ai été ravie ! Entre Nordberg qui dansait, vêtu de son tutu, au milieu d’une pluie de sang, et Ragnar qui bouffait ses ennemis alors qu’ils n’étaient pas encore morts ! J’ai été charmée !
- Eh bien, j’espère que le reste du groupe te plaira ! Mais…
- Quoi ?


Je me tourne vers Lalaline et lui explique.


- Je ressens une forte envie de meurtre ! Comme tu es une démone, et une mage, tu devrais pouvoir m’accompagner des le monde des songes ! Ça t’intéresse ?
- Pour sur !


Et nous nous précipitons, moi avec l’aisance de l’habitude, et Lala avec une certaine habilité, même si elle a un peu de mal à arracher son âme hors de son corps. Des volutes sombres nous rejoignent bientôt, et prennent la forme de Kociteb, Seigneur des Cauchemars :


- Alors gamin ! Tu montres les alentours à ton amie, me dit-il en souriant ?
- Seigneur, réponds-je sans prêter attention à ses plaisanteries ! J’ai senti une perturbation ! Je venais voir ce qui en allait !
- Tu es en retard ! Un groupe de guerriers aériens vous poursuit ! Ils vous rattraperont bientôt ! Retournez dans vos corps et défendez-vous ! Le temps nous est compté, car une armée arrive ! Je la ralentirais, mais nous devons atteindre les nouvelles terres de Brethil avant qu’ils nous attrapent ! Ils ne pourront traverser le désert sans préparation ! Faites attention, car ils risquent d’envoyer de nombreuses escouades à votre poursuite ! Partez maintenant !
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MessagePosté le: Ven 3 Juin - 19:53 (2011)    Sujet du message: Bataille aérienne et vent du Sud Répondre en citant

- On nous attaque !


A peine ai-je crié qu’une pluie de flèches se brise sur le bouclier que Lalaline a invoqué. Sa réintégration corporelle a l’air plutôt douloureuse, mais elle réussit tout de même a maintenir un dôme assez vaste pour nous protéger. Harou et Krissom réagissent également avec des gestes précis et rapides, que leur confère l’expérience des multiples batailles menées, et nos projectiles fusent vers ceux qui nous ont pris pour cible.


- Quelle est la situation, me crie Thurin ?
- C’est une force d’attaque rapide ! Uniquement aérienne !


J’utilise tous mes sens pour faire le point rapidement. Mes yeux m’indiquent le nombre des archers, et qui ils sont, mes oreilles me révèlent qu’un second groupe tente de nous prendre à revers, mon nez m’avoue qu’aucun orc ne voyage avec eux, et mon esprit ressent leurs soifs de sang et de vengeance, ainsi que la peur tapie aux tréfonds de leurs âmes !


- Deux groupes, préviens-je mon roi ! Des elfes montés sur les pégases ! Juste des archers ! Dix huit d’entre eux ! Le second groupe est monté sur des griffons ! Je pense qu’il s’agit majoritairement d’humains ! Une vingtaine de combattant ! Lourdement armés !
- Lalaline, Krissom et Harou ! Vous vous occupez des archers, leur crie Thurin ! Beti, Akka, Stelius et moi-même nous chargerons des autres ! Pas de pitié, et au rapport des qu’ils sont repoussés ! Si vous pouvez en garder vivant, faites ! Qu’on puisse lui faire cracher ses tripes et des informations !


Tous acquiesce et se tourne vers leurs cibles respectives. Lalaline, encore essoufflée de son voyage dans les songes, maintient péniblement de bouclier. Et en plus, elle déteste se faire narguer par des adversaires à distance. Elle bloque encore une pluie de projectiles, et profite de l’erreur des ennemis : trop entrainés aux grandes batailles, ces archers sont synchronisés, ce qui leur profite en général ! Mais là, ils ne font que laisser à Lalaline un moment durant lequel elle sait qu’aucun projectile ne les visera.


Et la magicienne démoniaque en profite. Elle abaisse le bouclier, ouvrant le champ pour Harou et Krissom. Le premier, d’un tir puissant, transperce un cavalier et sa monture, tandis que le second, d’un tir précis, abat un second ennemi d’une flèche dans l’œil. Et sans perdre de temps, ses deux-là se préparent à un second tir, alors que les ennemis s’apprêtent à relâcher la prochaine volée de flèches, et que Lalaline récite des mots de pouvoir.


- J’en appelle à Notos, vent brûlant du sud ! Réponds à mon appel, et consume de ton souffle enflammé mes ennemis ! Nourris-toi de mon pouvoir et obéis à mes ordres ! Notos ! Réponds à celle qui te commande !


Et au moment même où les flèches ennemies s’élèvent dans les airs, elle tend le bras vers l’avant, déclenchant un souffle de chaleur qui dévie les projectiles et les réduits en cendre avant de frapper leurs ennemis. Et si la puissance n’est pas suffisante pour les détruire, elle les déstabilise, et effraie leurs palefrois volants.


Harou et Krissom profitent aisément de l’ouverture, et font tomber à eux deux une bonne dizaine d’ennemis encore, alors que quatre sont mis à bas par leurs montures affolées. Et être mis à bas à cet altitude ne semble pas être la façon la plus agréable de mourir, laisse présager leurs cris déchirants alors qu’ils vont à la rencontre du sol attirant. Ne reste plus que deux archers, et nos braves souhaitent faire des prisonniers (ou plutôt des sacrifiés, vu qu’ils seront surement laissés entre les mains expertes d’Akka.


Lalaline déclenche un poing d’air au niveau du plexus d’un des cavaliers, assez puissant pour lui couper le souffle et l’assommer, mais assez retenu pour ne pas le désarçonner. Quand à Krissom, d’une flèche précise il frappe le casque du second adversaire au niveau de la tempe. Ce qui a le même effet que l’attaque de la mage. Et Harou regarde, car il sait très bien que ses spécialités n’ont décidément pas tendances à garder un ennemi vivant.
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MessagePosté le: Sam 4 Juin - 20:25 (2011)    Sujet du message: Bataille aérienne et viande de pégase Répondre en citant

Pendant que Harou, Krissom et Lalaline décime leur part, Akka et Thurin attrape leurs haches et foncent sur les chevaucheurs de griffons ! Stratégie préférée des nains en de multiples occasions, ils ont opté sans hésiter pour un choc frontal. Stelius se penche vers l’encolure de sa monture, et d’une petite pression des rênes fait monter celle-ci vers le ciel, alors qui détache sa masse d’arme de son dos. Puis il entame une descente en piquée vers les ennemis.


J’encoche une flèche à mon arc, mais ne la tire pas. J’ai beau être précis, dans une mêlée aérienne avec des bêtes du calibre des draiglons et des griffons, on ne peut jamais être sûr de ne pas toucher un de ses camarades. Et de plus, je reste sur le qui-vive, au cas improbable où un groupe aurait pu échapper à mon attention. Prudence n’a jamais tuée !


Je regarde du coin de l’œil, alors que je scanne les environs, Thurin qui tranche les ennemis sans sourciller. Il utilise sa bonne vieille hache, ne réservant bien sûr la masse de Durin qu’aux ennemis qui en vaillent la peine, ou aux grandes occasions. N’étant dans aucune des deux circonstances, il fait des tranches fines en utilisant la hache qui l’a accompagné dans tant et tant de batailles.


Un peu du loin, Akka continue à boire. Sachant qu’elle ne pourra pas s’abreuver pendant plusieurs jours, elle a décidé de prendre de l’avance, et n’a quasiment jamais lâché le goulet, sauf pour manger ou envoyer quelques remarques lapidaires ! Même en dormant, elle s’arrangeait pour pouvoir boire. Et pendant qu’elle transforme quelques ennemies en sashimi, et que son chiot décide de se faire les dents sur ces poulets géants, elle continue de boire. Elle empêche deux ou trois fois son animal de compagnie de se jeter à la gorge de ses proies (mauvais plan à cette hauteur), mais le laisse mâcher quelques pattes et quelques ailes quand les griffons passent trop prêt.


Stelius virevolte dans tous les sens. Après son premier piqué, assenant alors sa masse d’armes sur le crâne d’un adversaire, il fait tourner son draiglon dans tous les sens autour des adversaires, brisant quand il le peut un membre, ou un crâne, ou attaquant la monture si cela n’est pas possible. Si ses coups n’ont habituellement pas la puissance de ceux d’Akka ou de Thurin, les pirouettes et rotations de sa monture, et ses mouvements parfaitement synchronisés, rajoutent énormément de pression derrière chacun de ses coups, qui paraît alors déclencher des véritables tempêtes ! Et des tempêtes sanglantes !


Et c’est ainsi qu’en quelques minutes à peine, il ne reste que cinq adversaires, qui tentent sans hésiter une manœuvre, certes risquée, mais en laquelle réside finalement leur seule chance : ils nous tournent le dos et tentent de s’enfuir. Akka et Thurin s’occupent des deux plus proches, les mettant rapidement hors combat (et bien plus même). Stelius se jette sur un autre, et au sens propre. Il le poursuit, utilisant l’accélération soudaine dont sont capables les draiglons pour prendre de la vitesse, et il saute de sa monture pour atterrir derrière le soldat, le tuer, faire de même avec sa monture, puis sauter à nouveau sur la sienne. Un manœuvre magnifique parfaitement exécutée, malgré le danger qu’elle présente à cette hauteur et en combat réelle. (On peut certes voir de telles prouesses dans certaines démonstrations des armées des plus grands Empires, ou dans des cirques spécialisé dans les acrobates volants, mais il est extrêmement rare de trouver quelqu’un d’assez courageux, ou casse-cou, pour tenter ces acrobaties en situation réelle.)


Je tire sur l’avant-dernier et lui transperce le cou. Mais le dernier réussit à s’enfuir. Akka et Thurin sont trop loin, Stelius, malgré ses prouesses, ne peut dépasser un chevaucheur de griffon lancé à toute vitesse (Les draiglons possèdent les meilleures accélérations, et une bonne endurance, mais les griffons ont une vitesse maximum plus élevée), et si j’arrive malgré tout à le blesser à l’épaule, il se trouve rapidement trop loin pour que je puisse l’achever.


Nous nous regroupons, nous éloignons un peu (histoire d’éviter d’être dérangé par les charognards qui viendront chercher pitance parmi les restes de la bataille), puis nous posons. Nous tuons un des pégases de nos deux prisonniers (de toutes façons, ceux-ci ne seront pas en état de voyager demain) pour changer un peu des rations séchées de voyages. Il faut dire qu’un fumet appétissant s’élève rapidement au-dessus du feu de camp qu’on a allumé.


Chacun s’occupe de ses tâches. Stelius, Harou et Krissom montent les tentes du groupe, Thurin et moi-même discutons de la suite du voyage (surtout que nous sommes maintenant très proches du désert), Lalaline s’occupe de nous fournir en eau et en feu (aucune tâche physique là, juste un brin de magie !), et Akka s’occupe de nos montures (elle n’est tendre qu’avec les bêtes !), de son chien ( elle lui donne un beau cuissot de pégase) et de nos prisonniers (elle s’en occupe d’une façon plutôt différente…).
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MessagePosté le: Dim 5 Juin - 12:43 (2011)    Sujet du message: Feu de camp Répondre en citant

Nous sommes tous réunis autour du feu de camp. L’ambiance n’est pas lourde, compte tenu de ce qui nous attend, mais elle n’est pas festive non plus. Après tout, il est dur à seulement sept participants (huit en comptant le chien) de recréer l’atmosphère endiablée des feux de camp des Écorcheurs. Ici, en territoire inconnu (donc surement ennemi au vu de notre pedigree), et loin de nos nombreux compagnons, la soirée est plus calme.


Harou et Krissom se dispute, pour changer de leurs habitudes prises au cours du précédent voyage, trouvant dans leur performance respective matière à débat :


- Tu as tué six cavaliers Harou ! Moi, j’en ai tué six, et capturé un vivant !
- Pas de quoi être fier de ne pas l’avoir achevé, répond Harou !
- Le roi l’avait demandé…
- Euh… Oui ! Tu as raison ! Mais moi j’ai tué six cavaliers et leurs six montures ! Ce qui fait au final plus de victimes que toi qui n’a tiré que les elfes ! Et en plus, j’ai utilisé pour ça moins de flèches que toi pour tes sept prises !
- Je peux me permettre de perdre une ou deux flèches ! J’ai emporté des réserves ! Ce que tu n’as manifestement pas pu faire vu la taille de tes pieux !
- Peut-être, mais je ne risque pas de les perdre, et rares sont les ennemis capables de me les briser ! Pas comme tes brindilles ! Si on souffle un peu trop fort dessus, on risquerait de les casser…


Et tandis qu’ils échangent des arguments dont la pertinence ne peut que faire défaut, nous discutons plus calmement d’autres sujets :


- Alors Stelius, demande Lalaline ! Que penses-tu de ta première bataille ?
- C’était palpitant !


Akka lève sa chopine et s’écrie, avant de boire :


- Aux palpitations de Stelius !
- Il est très doué en combat aérien, le félicite-je ! Il a une parfaite maîtrise de sa monture ! C’était splendide !
- A la monture de Stelius, s’écrie Akka avant de vider à nouveau sa chope !
- C’était un beau combat, accorde Thurin ! Mais nos prochaines batailles auront surement lieu sur la terre, et non dans les airs ! J’espère qu’il s’avérera aussi bon dans de telles circonstances !
- Aux circonstances, reprend Akka !
- J’ai aperçu aussi l’invocation de Lalaline ! Nos nouvelles recrues sont prometteuses !
- Lala a déjà de l’expérience de la guerre, souligne Thurin !
- A la guerre !
- A partir de demain, explique Thurin aux autres, nous pénètreront dans le désert ! Le véritable défi va commencer ! Et apparemment, une force ennemie nous en veut ! D’après les informations de Kociteb, que nous a transmis Beti, une armée entière nous en veut, et je n’ai aucune idée de pourquoi !
- A Kociteb, chantonne Akka en vidant un tonnelet cette fois !
- Tu n’as vraiment aucune idée Thurin, s’étonne Lalaline ?
- Et bien, explique-t-il ! Nous avons fait du mal de tellement de façons différentes à tellement de personnes, de peuples et de royaumes que je n’ai absolument aucune idée de la raison de nos poursuivants ! Il y a tellement de possibilités, et surement bien plus que je ne puisse m’en souvenir !
- Ah… D’accord, acquiesce la mage en comprenant la situation !
- C’est pourquoi il est temps pour Akka de nous révéler les fruits de son travail !


Akka se lève, et nous regarde dans les yeux, les uns après les autres, elle se racle la gorge avant de commencer :


- Avant tout, j’aimerais porter un toast pour l’art délicat qu’est la torture, pour le sang et les larmes répandues, pour les viscères et les cris qui se dispersent dans la nuit, et aussi bien sur pour tous les bourreaux du monde ! Santé !
- Santé !


Nous trinquons avec elle, et attendons patiemment qu’elles finissent trois tonnelets avant de nous révéler ce qu’elle sait !


- Les soldats étaient du bas de l’échelle et ne savaient pas grand-chose ! Sinon qu’ils appartiennent à un conglomérat d’armées créé dans le seul but de détruire les Écorcheurs ! C’est-à-dire nous ! Il y a dans cette armée des elfes, des nains, des humains, des gnomes, et des orcs ! Pas de gobelins, d’elfes noirs et de démons, même si les soldats ne savent pas pourquoi ! L’armée ce fait appelée la Confédération des Royaumes Écorchés pour la Vengeance, mais les soldats préfèrent l’appeler plus rapidement de CREV ! Ils ont sous leurs ordres plusieurs de dizaines de milliers de soldats ! Et ils sont sur nos traces ! Heureusement, ils sont pour le moment trop loin pour même rattraper le reste de nos troupes ! Mais ils enverront à nos trousses de nombreuses escouades, car ils savent que de nombreux officiers sont séparés du groupe, ce qu’ils jugent opportun !
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MessagePosté le: Lun 6 Juin - 11:17 (2011)    Sujet du message: Vidar part en chasse Répondre en citant

- Seigneur Vidar ! Un message du quartier général !
- Ici !


L’homme se tourne, mais ne peut distinguer son maître dans les broussailles épaisses de la forêt. Son seigneur, que les autres rois de la confédération ont surnommé le sombre, et qui va sous le nom de Vidar, a toujours su disparaître dans les bois, d’une manière presque magique. Et il faut dire que ses habits ténébreux aident à la tâche !



Mais le messager n’a pas besoin de voir son roi. La courte indication orale lui a suffit. Il prend une flèche dans son carquois, y accroche le message, puis tire. Celle-ci se plante à quelques centimètre du roi sombre, qui n’a pas bougé, installé tranquillement sur une haute branche d’un arbre. Il tend le bras et récupère le parchemin, puis commence à lire.


- Les idiots ! Une escouade d’archers montés et une escouade de griffons ! C’est ce qu’ils appellent une troupe d’élite ?


Sans attendre, il saute de la branche qui le supporte et atterrit souplement sur le sol, quelques mètres plus bas. Puis d’une foulée légère et silencieuse, il rejoint en quelques enjambées le messager. Sans un bruit, il arrive juste derrière celui-ci et prend la parole, faisant sursauter ce dernier :


- Quand est le prochain conseil ?
- Ils sont déjà réunis Seigneur, répond celui-ci !


Pour toute réponse, Vidar hoche la tête et s’élance, laissant le messager sur place. En une dizaine de minutes, il arrive à l’orée du campement, et il lui faut encore dix de plus pour atteindre la tente de commandement. Quand il y pénètre, les autres monarques sont occupés à festoyer, comme s’ils avaient peur d’en perdre l’habitude au moindre instant de relâchement.

 

- Ton plan n’a pas fonctionné, fait remarquer avec fureur un roi nain !
- Un véritable fiasco, renchérit le vieux roi qui préside à l’assemblée !
- Une défaite consommée, s’exprime dignement, mais avec mépris, un roi elfe !


Mais ces mesquineries n’atteignent pas Vidar, et il les regarde les uns après les autres, dans les yeux, de son regard sombre si profond qu’il les fait trembler. S’il n’a pas officiellement le commandement de la confédération, celui-ci revenant à des pays plus étendus, il n’en reste pas moins un des rares monarques capables de se battre (à part les rois orques), et le seul dont la présence et l’aura soient si puissantes !


- Mon plan, c’était d’envoyer des soldats entrainés, et en nombre suffisant ! Vous trouvez suffisant de choisir vingt fillettes armées de lances-bâtons et autant de ruminants à peine capable de maîtriser leurs griffons !


L’assemblée royale tremble au son de son reproche ! Contrairement à ceux qui lui ont été envoyé, le sien est parfaitement ajusté, et la menace à peine voilée qui se distingue au ton dur et tranchant de sa voix fait trembler le conseil des rois !


- Essayez de poursuivre  le reste de leurs troupes avec  l’armée entière ! Aucun détachement! Vous ne réussiriez qu’à envoyer les nôtres, ou plutôt les vôtres, à l’abattoir ! Je vais choisir mes meilleurs guerriers et me mettre moi-même en chasse de Thurin et de ses officiers ! Et j’aimerais parler au survivant !
- C’est impossible, dit un gnome d’une toute petite voix.

  C:\Users\pb\Pictures\darthvador.gif

Des flammes semblent s’allumer dans les yeux de Vidar alors qu’il comprend le véritable sens de cette courte assertion !


- Bande d’idiots !
- Il avait fui, tente de se défendre un nain !
- Bien sûr ! Il pouvait soit mourir avec les autres, ce qui ne nous aurait servi à rien, soit fuir et nous rapporter de nombreuses informations importantes !
- Mais…
- Votre bêtise me débecte, lui crache Vidar ! Cet homme a manqué de mourir par votre faute, et quand il revient vivant, vous le mettez à mort avant même d’avoir pu recueillir ses informations ! Vous comptez utilisez votre tête pour une fois !


Tous se taisent et baissent piteusement la tête ! Après les avoir regardés un moment, il soupire et se retourne vers les officiers haut-gradés qui se trouvent debout derrière lui :

 

- Messieurs ! Vos Seigneurs et maîtres sont tous trop occupés avec leurs festivités ! Je compte sur vous pour les décharger du trop lourd fardeau que sont la stratégie guerrière et les négociations ! Quant à vous, reprend-t-il en se tournant vers les rois et reines, vous allez me faire le plaisir de laisser le commandement de cette armée à des gens responsables !
- Mais, tente de s’opposer un roi
- Crois-moi, mon ami, tu n’as pas envie que je m’énerve !


Et alors que tous les autres monarques hochent la tête pour marquer leur assentiment, il sort de la tente et se dirige sans hésiter vers un campement à la bordure de l’armée, et à l’orée de la forêt. Là se trouvent des dizaines d’hommes et de femmes vêtus des mêmes vêtements de cuir sombre que leur roi.


- Il me faut une vingtaine de guerriers pour donner la chasse aux officiers supérieurs des Écorcheurs ! Certains n’en reviendront pas ! Je vous laisse organiser les épreuves pour ceux qui veulent me suivre ! Nous partirons demain à l’aube !


Puis il s’éloigne et pénètre à nouveau dans la forêt, alors que l’effervescence gagne le campement, ou de nombreuses épreuves de forces, d’adresses, et de combats, sont organisées pour départager les plus que nombreux candidats pour la traque qui s’annonce !



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MessagePosté le: Mar 7 Juin - 11:51 (2011)    Sujet du message: Le Désert Répondre en citant

Nous marchons sous la chaleur ardente du soleil. Nos lèvres sont sèches, et nos yeux rougis, et nous croulons sous les tissus qui nous protègent de l’astre mortel. De temps à autres, nous pouvons apercevoir une colonne de flammes qui s’étend depuis le sol décharné jusqu’à la voûte céleste. Heureusement, ces phénomènes sont rares, et se produisent souvent loin de nous. Seul la vue dégagée des lieues à la ronde sur ces terres dévastées nous permettent d’apercevoir ces phénomènes.


Nous sommes partis tôt le matin, après avoir campé en bordure du désert, à un endroit où la température était encore acceptable. La morsure du froid nous a frappés peu de temps après, mais en deux heures à peine, profitant de l’arrivée de l’astre solaire, une chaleur absurde a pris sa place ! Depuis maintenant plus d’une heure, nous marchons alors sous la chape infernale d’un soleil de plomb (seul métal que les nains n’apprécient pas, surtout dans un tel cas !).


Il reste encore plusieurs heures avant le Zénith, et déjà on peut sentir la douloureuse compréhension s’insinuer en nous : nous savons pourquoi les gens évitent ce désert ! Mais il ne nous vient pas à l’idée de renoncer ! Après avoir été gelés, nous souffrons de la chaleur, de brulures, d’insolations, de la déshydrations, d’absence d’alcool (les deux termes précédents sont synonymes dans le langage nain, mais au vu de la participation d’un elfe-incube un peu bizarre et d’une démone à cette expédition, j’ai préféré les énoncer tous deux) et surtout des constantes plaintes d’Akka concernant le problème précédent.


Même Lalaline souffre de ce climat impitoyable. Les démons ont un corps résistants, et ils apprécient la chaleur, mais l’humidité quasiment nulle de ce désert lui rend l’existence compliquée à elle aussi, même si elle supporte ces tracas bien mieux que nous. Quant à moi, si ma nature semi-démoniaque ne me permettait pas de résister aux hautes températures, ce frêle corps d’elfe que je possède aurait tôt fait de se décomposer ! Nous souffrons presque tous de ce voyage !


Un seul d’entre nous se porte bien : Varag, ou « chien fou », en nain, le cerbère de notre glorieuse Dame assoiffée. Il court dans tous les sens, et aboi pour signifier sa joie. Je pense qu’il a l’impression d’être de retour chez lui, vu l’absence totale de vie à l’horizon. De plus, son père, Cerbère, a pour habitude de calmer sa soif des les fleuves infernaux, même dans le Phlégéthon de flammes ! Le chaleur ne doit donc pas trop l’importuner, question d’hérédité !


Nous continuons à marcher et nous quittons la partie rocailleuse pour pénétrer petit à petit dans le domaine des grandes étendues ensablées, où le vent nous jette au visage des milliers de petits grains tranchant, et où dunes après dunes, on ne peut voir que dunes encore ! Nos pieds s’enlisent dans le sol traître, et malgré nos bottes de cuir épais, on peut sentir la morsure de la chaleur et la fumée qui s’échappe de nos semelles.


Mais nous continuons à marcher, seul possibilité que nos offres l’étendue désertique alors qu’elle s’abreuve de nos forces déclinantes et de nos gosiers asséchés. Nous marchons la plupart du temps en silence, pour ne pas gaspiller inconsidérément nos forces en paroles, et pour ne pas avoir à inspiré plus que nécessaires l’air brûlant qui s’acharne sur nos poumons embrasés. Mais de temps à autre, une plainte provient d’un de nos compagnons !


- J’ai soif !


Cette protestation d’Akka est la plus récurrente de celle qu’on entend.


- Mon royaume pour un verre d’eau, lâche-je inconsciemment !
- T’as pas de royaume, me fait remarquer Harou.


Je laisse filer, n’ayant pas la force de débattre du sujet en ce moment.


Oh ! Du sable !


C’est Stelius qui lâche ces mots après l’ascension laborieuse d’une énième dune, le visage affichant une triste passivité face à l’inéluctable ! Nous verrons encore beaucoup de sable !


Petit à petit, nos réserves d’eau s’épuisent, malgré toute la mauvaise volonté que les nains mettent à se réhydrater ! Mais nous continuons à marcher, tentant de trouver une des rares sources dont j’ai pu trouver quelques mots dans un grimoire ancien. Et heureusement pour nous, ces mots sont justes : nous arrivons enfin près d’une étendue d’eau clair, qui repose à l’ombre d’un rocher, le premier rocher que nous apercevons depuis bien des lieues !


Mais l’eau n’est pas seule à reposer en ce lieu, car nous pouvons apercevoir une vingtaine d’êtres grands et puissamment bâtis qui se trouvent à proximité de la source, et leurs traits communs avec moi et Lala ne laissent aucun doute : ce sont des Nadirs !
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MessagePosté le: Mer 8 Juin - 12:19 (2011)    Sujet du message: les Nadirs Répondre en citant

Mais nous n’avons pas le choix ! Nos réserves d’eau se font rares, et il faut nous réapprovisionner ! Nous nous approchons donc, moi en premier, les mains levées pour montrer que je suis désarmé. Cela déplait fortement aux nains, mais dans notre état de fatigue actuel, et contre une vingtaine de redoutables ennemis, nous ne sommes pas en bonne posture pour un combat ! Et vu que les nadirs connaissent les points d’eau de ce désert, les avoir pour alliés serait plus que bénéfique pour la suite de notre quête.


Les autres me suivent non loin, méfiants et sur le qui-vive. Je m’approche doucement, pour ne pas les brusquer, et la plupart d’entre eux semblent me dévisager avec une certaine curiosité, voire même un soupçon d’intérêt. Et ils dévisagent Lala, une crainte respectueuse s’affichant sur leurs traits. Ils ne prêtent cependant pas attention aux nains.


Mais deux des leurs, plus jeunes que les autres, réagissent différemment. Ils attrapent leurs arcs, et me tirent dessus, m’insultant dans leur langue. Je comprends approximativement leurs propos, leur langage étant un mélange étrange entre un des sombres dialectes des démons que je connais, et le haut elfique antique, qui n’est plus parlé qu’au cœur des plus profondes forêts. Et ils ne promettent rien de réjouissant !


Je me jette à terre, évitant de peu de me faire transpercer. Mais les flèches déchirent mes vêtements, et le sable brulant me brule le corps au travers des tissus. Mes compagnons sortent leurs armes, prêts à en découdre, et Lalaline a déjà commencé de prononcer une incantation. Mais c’est un des leurs qui découchent deux coups de poing envers les attaquants, les envoyant dans les vapes et le sable chaud. Puis il se tourne vers nous et nous adresse quelques mots.


Mes compagnons ne comprennent visiblement pas, et garde leurs armes en main, même s’ils n’attaquent pas pour le moment. Le Nadir, qui apparaît comme le chef de cette troupe, lève les mains de la même façon que je l’avais fait précédemment, et répète ses étranges mots, à une allure plus réduite. Me relevant et époussetant mes habits pleins de sables, j’entreprends de traduire, de manière aussi juste que possible, ses paroles.


- Il nous dit qu’il ne nous veut aucun mal ! Qu’il est étonné de rencontrer des êtres de l’extérieur ! Que d’habitude les êtres de l’extérieur ne viennent pas jusqu’ici ! Et qu’il s’excuse pour le comportement des deux jeunes !


Les deux jeunes en question se relèvent, encore légèrement sonnés et titubant, et deux autres guerriers Nadirs leur cirent quelques mots de réprimandes. Les jeunes palissent et baissent la tête. Puis Thurin décide de parlementer et m’adresse quelques paroles que je dois traduire à l’encontre de notre interlocuteur.


- Nous vous saluons également ! Nous cherchons notre route vers les monts maudits des Agriates ! Et nous comptions nous réapprovisionner en eau ici !
- Vous n’arriverez jamais jusqu’à la montagne aux tempêtes, traduis-je pour mon roi. Vous mourrez de soif avant !
- Y a-t-il un moyen de trouver nos sources ?
- Seuls les nadirs savent où trouver de l’eau, et ils ne partagent pas ces connaissances avec des étrangers !


Sa phrase semble indiquer la fin de la discussion et de toute négociation mais je me rappelle des regards qu’ils nous ont lancés auparavant, à Lalaline et à moi, et décide donc de poursuivre la conversation ! J’échange quelques mots, et cette fois l’homme exprime de plus en plus de curiosité, jusqu’à ce que je finisse par éclater de rire. Puis je lui fais une proposition, et il réfléchit quelques instants avant d’acquiescer. Il se retourne et explique aux siens que nous partagerons le campement ce soir, alors que je me tourne vers les miens pour expliquer les négociations !


- Nous avons eu de la chance ! Normalement, ils ignorent les étrangers et tuent les elfes à vue ! C’est pour cela que les jeunes m’ont attaqué !
- Pourquoi ne l’ont-ils pas tous fait ?
- Les autres sont plus vieux, et ils ont appris à ne pas compter uniquement sur leurs yeux ! Ils ont reconnu mon essence démoniaque.
- Et c’est pour cela qu’ils t’ont épargnés !
- Leur société est basée sur l’entraide, surtout envers les plus faibles ! Et pour eux, je suis un « petit frère malchanceux » ! C’est le surnom qu’ils m’ont donné ! Je suis comme eux à l’intérieur, un mélange entre démons et elfes, mais j’ai hérité, disent-ils, de la laideur et de la fragilité physique des elfes ! Je suis donc presque de leur peuple, et quelqu’un qu’ils se doivent d’aider !


Mes compagnons éclatent de rire, et je poursuis mon explication :


- Quant à Lalaline, c’est le premier membre de l’espèce démoniaque qu’ils aperçoivent depuis des lustres, et ils respectent énormément ceux-ci ! J’ai donc pu parvenir à un marché avec eux !
- Que veux-tu dire, demande Thurin soudainement intéressé ?
- Ils acceptent de vous soumettre, explique-je aux nains, à des épreuves ! Si vous vous en sortez, vous serez membres honorifiques des Nadirs, et aurez donc le droit de connaître les points d’eau ! Pour moi, c’est déjà bon, et ils risquent de demander quelques services à Lalaline, continue-je, me tournant vers la démone ! Nous ne recevrons la connaissance qu’une fois chacun des membres de notre expédition approuvé comme un des leurs !
- Et si l’un de nous rate, demande Harou en regardant vers Krissom ?
- Il n’y a pas de problème, vu que ledit membre mourra !
- Et tu as accepté, me dit Thurin ?
- Bien sur ! Nous avons cent fois plus de chances de réussir les épreuves que d’atteindre les monts Agriates sans guide et sans eau !
- Tu as raison, accorde-t-il ! Mais je pense que nos chances restent tout de même plus que faibles !
- Bien plus, rigole-je !
- On les passe quand les épreuves, demande Stelius, son entrain revenant au galop ?
- Demain, ils nous conduiront dans un de leurs abris, dans lequel nous pourrons profiter de la journée pour nous refaire des forces ! Et le jour suivant commenceront les épreuves ! Elles peuvent être très diverses !
- Il y aura surement des femmes et des enfants, réfléchit Krissom !
- Oui, reconnais-je !
- Et tu penses que c’est une bonne idée d’y amener Harou, dit-il, se vengeant de la pique précédente ! Il risquerait d’y causer un massacre !


Harou se jette sur Krissom, sa fatigue envolée sous le coup de la colère. Thurin approuve et commence, cela peut se voir dans ses yeux, à peser les avantages et inconvénients de la situation. Stelius et Lalaline tentent d’engager la conversation avec nos hôtes, même si l’obstacle du langage ne rend pas la chose facile (c’est pire pour Stelius qui n’a aucune notion de langage démoniaque). Quant à Akka, elle reste là, bizarrement pensive, caressant distraitement une des têtes de son chien. Je lui demande ce qui ne va pas, et elle me l’avoue :


- Je me demandais ! Si on va dans un village,… est-ce que tu penses qu’ils auront de la bière ?
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MessagePosté le: Jeu 9 Juin - 11:56 (2011)    Sujet du message: Chasse et fête Répondre en citant

Les Nadirs montent un campement de toile épaisse, et nous partageons cet abri avec eux, pour nous protéger de la chaleur ardente du Zénith. Plus tard dans l’après-midi, voir dans la soirée, un groupe d’entre eux part, manifestement à la chasse, et si nous sommes curieux de voir quelles gibiers ils poursuivent, les quelques guerriers qui sont restés s’occuper du campement nous retournent juste un sourire railleur, ne daignant pas nous répondre.


Akka est toute fière de voir l’intérêt que portent les nadirs à son chiot, mais elle déchante vite quand je lui apprends qu’ils surnomment sa gentille bête « provisions sur pattes ». Elle se met alors à grogner en direction des chasseurs, récupère son animal, et va s’installer dans un coin du campement, murmurant à l’oreille de Varag quelques recommandations sur la façon des traiter les gens qu’ils rencontrent !


Puis les chasseurs reviennent, tirant derrière eux à l’aide de longues cordes d’imposantes carcasses écaillés. Quand ils arrivent à proximité, nous reconnaissons des salamandres, genre d’iguanes géants crachant des flammes et résistants à de hautes températures ! N’ayant aperçu aucun signe de vie durant notre périple, je demande des précisions au chef des chasseurs, qui me répond avec fierté en réponse à mon air stupéfait :


- Nos chasseurs savent trouver des traces du passage de ces bêtes ! Elles sont parmi les rares qui vivent dans le désert ! Elles se prélassent la journée au feu de la chaleur du désert, et profitent du crépuscule pour chasser, avant que la froide température nocturne ne les oblige à se reposer ! Ils se terrent alors dans le sable !
- Pourquoi les chasser le soir ?
- Nous ne pouvons sortir durant la journée de manière assez prolongée pour chasser ! Et il en va de même la nuit ! Sans ce campement, vous vous seriez surement enflammé à l’heure du Zénith !


Un frisson glacé me parcourt le dos, et je peux apercevoir les frissons réprimés de mes compagnons. Ils cachent leur peur, mais ils détestent l’idée de mourir sans pouvoir se défendre, ou du moins emporter un ennemi dans la tombe. Le Nadir continue son explication :


- La nuit, vous auriez fini gelé sur place ! Il ne reste que le crépuscule et l’aurore ! Mais l’aurore pose deux problèmes ! Premièrement, les traces des salamandres auront été effacées par le vent nocturne, et deuxièmement, les bêtes se trouvent à ce moment dans un état de léthargie !
- Il n’y a aucun plaisir à les chasser alors, demande Harou par mon intermédiaire ?
- Non, nous explique le Nadir ! Mais ces bêtes ont une vitalité incroyable ! Dans nos histoires est raconté qu’une bête avait été trouvée au matin, et son cou tranché. Elle avait été rapportée au village, mais la chaleur l’avait réveillé. Elle aurait tué une dizaine de femmes et d’enfants avant que les chasseurs et sa blessure n’ait raison d’elle !
- Je vois, m’exclame-je ! Une bête tuée le soir sera définitivement morte, et il n’y aura pas de risque à transporter sa carcasse ! Par contre, une du matin risque de se réveiller, même en morceaux, et de prendre les chasseurs par surprise !
- Voilà, accorde le chasseur, fier de son explication ! Et c’est également parce qu’ils dorment à l’aurore qu’il est préférable de voyager à ce moment ! Quand on est chargé, on n’aime pas vraiment se faire attaquer par une salamandre qui cherche une proie !


Nos compagnons les chasseurs préparent un morceau de viande pour le festin de la soirée, et entreprenne d’équarrir le reste de leurs prises. Nous les aidons. Pour diverses raisons. Pour la curiosité, que ce soit pour Stelius, Lalaline ou moi, pour un concours idiot, comme Harou et Krissom, pour les écailles brillantes, comme Akka qui commence à lorgner sur ces trésors, ou pour faire bonne impression, comme Thurin qui fait toujours la part des choses et comprend que participer à une tâche commune nous donnera surement plus de chances d’être accepté par les Nadirs !


Ensuite, les Nadirs sortent de leurs sacs des grosses pierres rougeâtres, et les disposent en cercle. Puis ils placent le morceau de viande juteuse au dessus, embroché sur une lance en fer supportée elle-même par des piquets en faire : le bois est une ressource rare dans ces contrées. Puis le chef prononce quelques mots, et des flammes s’échappent de ses pierres, commençant à rôtir le quartier de viande.


Puis la soirée se déroule agréablement ! Akka découvre avec joie que nos hôtes ont du jus de cactus fermenté, boisson assez relevée, mais alcoolisée, et donc salvatrice aux yeux de la naine, qui trouve alors en elle un respect profond pour un peuple qui a appris à faire de l’alcool dans un lieu si inhospitalier. Harou partage fièrement quelques-unes de ses inventions les moins destructrices. Stelius parle, avec entrain et plain de vigueur, même si ses interlocuteurs ne le comprennent pas toujours. Thurin et le maître de chasse discutent, recourant quand cela est nécessaire à mes services. Krissom nous interpelle alors, me demandant de jouer un air entraînant que les Écorcheurs apprécient, et invitant Lalaline (ou la traînant) dans un air endiablé. Puis c’est au tour de nos hôtes de nous montrer leurs chants et leurs danses, qui rivalisent sans un doute avec les nôtres. Et enfin nous allons nous reposer, car le lendemain, nous partirons à la découverte de leur village !
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MessagePosté le: Ven 10 Juin - 11:48 (2011)    Sujet du message: Désert et Cavernes Répondre en citant

Nous nous levons avons le soleil, rapidement tout se trouve rangé, et le campement défait. Une fois la toile protectrice enlevée, on peut ressentir l’agression du vent glacial, malgré la douce promesse d’un réchauffement qui se prépare. Notre guide a eu raison ! Si nous étions restés dehors pendant la nuit, nous aurions fini gelé sur place. Pour se convaincre de cela, il suffit d’apercevoir l’air que nous expirons, qui se solidifie prestement avant d’éclater en un millier de cristaux de glace. Mais leur vie sera courte, car ils disparaitront sitôt l’astre du jour éveillé.


Une fois le camp levé, nos amis (Une façon de qualifier toute personne avec qui on fait la fête, même s’il nous faut l’égorger le lendemain) se mettent en marche. Et nous les suivons. Bien plus lentement ! Les nains s’enfoncent dans les sables jusqu’aux genoux, Lalaline s’en sort mieux, et je peine tout de même quelque peu malgré l’avantage (la légèreté) que me confère mon corps elfique : car si le sable ne tente pas de m’engloutir, les lourdes rafales chargées de grains acérés redoublent de violence avec moi !


Nos guides sont cependant très patients, et ils semblent également se divertir à nos déconvenues. Chose que personnellement, nous ne trouvons guère sujets à la rigolade ! Mais ils ne se contentent pas de nous observer, et sans prononcer de paroles superflues, ils nous montrent comment trouver de meilleurs appuis sur le sol traitre, et comment en se courbant et en resserrant les épaules on peut diminuer efficacement l’impact du vent. Mais nous n’arrivons jamais à égaler leur démarche souple et rapide qui se joue de la furie des éléments !


Une demi-heure après que nous nous soyons mis en route (Grâce à ma clepsydre de voyage, je peux connaître le temps ! Et après tout, de nuit, nos cadrans solaires portatifs ne sont pas fortement utiles !), nous voyons enfin le soleil se lever. Et nous profitons agréablement de ces quelques instants durant lesquels il ne fait ni trop chaud ni trop froid ! Instants trop courts il faut le dire, car après quelques dizaines de minutes, nous nous mettons à transpirer lourdement à chaque pas. Et une heure après, nous sommes totalement déshydratés.


Heureusement, nos guides nous indiquent que l’arrivée n’est plus très éloignée. En nous approchant, nous distinguons la forme étrange de la dune de laquelle nous approchons, avant de remarquer qu’il s’agit en fait d’une immense voûte en pierre, recouverte par le sable du désert. A la base de la « dune », les Nadirs se mettent à creuser, et nous les imitons un peu surpris, avant d’apercevoir une ouverture, qui permet de passer sous la masse rocheuse.


Quelques Nadirs passent en premier, transportant la viande qu’ils ont chassé, puis vient notre tour. Nous passons par le passage, et descendons par un plan incliné adouci par un sable calme. Ici plus de vents ni de tempêtes. Ici plus de chaleur étouffante, ni de funèbre froideur. La température est un peu fraîche, mais décidément agréable après les tumultes du désert. Mais l’obscurité est profonde, et nous ne pouvons véritablement distinguer quoi que ce soit, excepté l’étrange lueur qui semble vibrer et danser au bout du tunnel.


Puis nous arrivons stupéfaits dans une vaste salle. Au centre une source d’eau claire, alimentée par de petits ruisselets sui s’extirpent avec vivacité d’une roche humide. Et tout autour, éclairant la salle des milliers de cristaux, aux couleurs enchanteresques, brillent d’un doux éclat, faisant vibrer la source de vie aux milles douleurs que charrie l’air. Et nos hôtes sourient devant nos airs émerveillés, même les nains étant touchés par la majesté des lieux.


Puis le chef pose la main sur une paroi lisse, à l’extrémité de la caverne, et murmure quelques mots. Le hérissement que je ressens et la réaction d’intérêt de Lalaline me confirment qu’il s’agit d’une incantation. Des rainures argentées apparaissent sur le mur, avant de se fracturer et d’éclater en milles éclats de lumière, et de s’évaporer dans l’atmosphère indescriptible de ce sublime paysage qui affole nos yeux et nos cœurs.


Et on découvre alors, derrière l’ouverture qui vient de se créée, une caverne encore plus grande, éclairée par la lueur des cristaux, dont un immense qui brille d’une lumière douce et dorée ou centre de la voute, éclairant les environs de milliers de pétales d’or. Et dans cette caverne sont dressées des dizaines d’habitations en pierre, desquels entre et sortent hommes, femmes et enfants. D’un coup d’œil, je peux savoir qu’au moins un millier d’âmes vit ici. Nous sommes enfin arrivés ! Nous découvrons le refuge du peuple Nadir !
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MessagePosté le: Sam 11 Juin - 20:31 (2011)    Sujet du message: Dans le mode des songes Répondre en citant

Twisted Evil

Porté par le flot impétueux des songes, je quitte le campement ennemi, après leur avoir fourni maints divertissements. Et même si dans ce monde je ne possède pas de corps, mon âme rit en voyant les soldats se réveiller, pris de folie. Certains attrapent leurs armes, et saccagent tout ce qui se trouve autour d’eux, criant à tue-tête qu’ils détruiront les démons. Certains sont affalés au sol, et mange de l’herbe par poignées, persuadés qu’en cela réside leur salvation. Quelques-uns, parmi ceux qui craignent le plus l’obscurité (surement au souvenir de l’apparition inattendue, dans la nuit, des troupes des Écorcheurs qui saccagèrent leurs contrées), ont tellement bien supportés mon traitement, et tentent tellement de s’éloigner des ténèbres, qu’ils finissent par se jeter dans les flammes des feux de camp. D’autres au contraire, parce qu’ils craignent les flammes (surement au souvenir des feux de joies que les Écorcheurs firent de leurs chaumières et de leurs villages) et étant persuadés de brûler, se jette dans la rivière pour y sombrer.


Bien sûr, ces destructions sont très faibles, par rapport au nombre sans limite de guerriers dont l’armée dispose. Mais ils ne s’en remettront pas de sitôt, et cela ralentira d’autant plus leur avance ! Et c’est ainsi, profitant des élans de gaité que cette vue a provoqués en moi, que je rentre au campement. Je voyage entre les cauchemars et les rêves des gens, profitant de leurs songes pour me frayer un chemin, et de l’occasion pour déranger ceux qui dorment paisiblement. Quand enfin j’arrive dans un agglomérat de songes divers et variés dont les thèmes principaux sont la richesse et le sang déversé. Et pourtant, les âmes desquelles ils proviennent sont apaisées ! C’est le camp des Haladins de Brethil !


Puis je cherche, fouillant parmi la gamme de rêves, un de ceux-ci en particulier. Je passe près de l’esprit de Ragnar, et l’aperçoit glorieusement attablé devant de multiples plats de viande, la plupart étant manifestement des morceaux de choix appartenant aux ennemis vaincu. Joueur, je fais disparaître ceux-ci et les remplace par des plats à base de légumes, des corbeilles de fruits, et des brocs remplis d’eau viennent remplacer le vin et la bière.


Je traverse les songes d’El Bandito, qui s’imagine profitant d’un moment fort agréable en compagnie de magnifiques jeunes femmes. Enfin, agréable pour lui… Toujours taquin, la malinitude étant ma raison d’être, je remplace celle-ci par des gobelines couvertes de pustules, mais à mon grand dépit, cela ne le gêne pas plus que ça ! J’aurais bien poussé un soupir, mais ne le pouvant pas (les habitudes des mortels se prennent redoutablement vite !) je me contente de m’éloigner.


Je passe près de l’esprit vagabondant de Leso. Je le vois découvrir un ancien grimoire de nécromancie puis, parvenant à le déchiffrer, lever une armée de cadavres qui lui obéirait et permettrait la conquête de ce monde et de l’au-delà. Et pour faire bonne mesure, je décide de lui gâcher également ce moment de paix : je fais tomber en poussières ses créations, et lui faisant apparaître une serpillère entre les mains, je l’oblige à nettoyer, sans fin, dans le monde des rêves ! Rigolant doucement à la vision de son air concentré quand il tente vainement de contrarier son destin, je me dirige vers le prochain rêve.


J’aperçois Magdalina qui parle avec douceur au milieu de dizaines d’animaux qui l’écoutent avec gentillesse. Elle est la seule du campement pour laquelle les viscères et le sang ne sont apparemment pas des songes agréables. Avec ma mansuétude habituelle, j’apporte ma touche personnelle à son doux rêve en faisant tomber des ténèbres sans lune sur la clairière ensoleillé, puis je force mes doux animaux à s’éviscérer les uns les autres devant les yeux de la pauvre elfe qui voit un gentil lapin tenter d’égorger un tigre à dents de sabres, ou une biche bienveillante ruer de coups son daim innocent.


J’arrive enfin à proximité de l’esprit qui m’intéresse. J’ai l’habitude de rester à une distance raisonnable de celui-ci, tant ses songes m’écœurent, mais aujourd’hui, ils semblent raisonnables, et je suis obligé de le contacter. Je suis donc forcer de le voir se contempler dans un miroir, alors qu’il teste différents ensembles, passant du classique tutu fuchsia à la robe de soirée turquoise. Avant d’en voir plus, et d’être par conséquent tenté de me crever les yeux, je m’adresse à celui qui se tient devant moi :


- Réveille-toi Nord ! c’est l’heure du départ !


Nordberg se réveille et constate avec dépit que la robe turquoise a disparue, mais avec soulagement qu’il porte toujours son tutu rose. Puis il émerge finalement et se lève. Pendant ce temps, je m’extrais du monde des songes, prenant temporairement l’apparence brumeuse d’une fumée noire, qui envahi la tente exigüe, avant de se regrouper pour reformer le corps dont j’ai pris l’habitude, un grand démon, à la peau rouge et aux cornes d’ébènes, au sourire dur et aux yeux écarlates.


- Koci, me dit Nordberg ! Alors, que s’est-il passé ?
- Je les ai suffisamment ralentis pour qu’on puisse avoir la paix pendant deux semaines. Mais le temps presse tout de même ! Nous devons partir ! Je me reposerais à l’arrière d’un chariot !


Voyant Nordberg qui me contemple avec des yeux ronds, je comprends alors qu’il ne m’a jamais vu dormir, et en avait conclu que je ne dormais pas !


- De temps à autres, je dois me reposer, explique-je ! Surtout quand je navigue entre les plans d’existence et dois filer des cauchemars létaux à des dizaines de milliers d’hommes !


Evil or Very Mad
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MessagePosté le: Sam 11 Juin - 22:14 (2011)    Sujet du message: Les chapeaux de paille Répondre en citant

Twisted Evil

J’émerge d’un sommeil paisible et réparateur, personne n’étant assez puissant, ni assez suicidaire, pour tenté de me filer des cauchemars. J’ouvre les yeux et voit que le soleil est prêt à se coucher ! J’ai vraiment dormi un long moment. Je regarde le paysage autour de nous, mais rien ne semble pouvoir nous indiquer que nous approchons du désert ! Il faudra bien encore une semaine avant d’atteindre le point de rendez-vous.


Me voyant éveillé, Nordberg, qui patrouillait dans le ciel pour voir l’avancée de la colonne dans son ensemble, diminue l’altitude à laquelle il plane jusqu’à pouvoir me parler. Mais je le devance et prend la parole en premier :


- Nord ! Il fait presque nuit ! Pourquoi n’avoir pas encore monté le campement ?
- Nos éclaireurs, répond-t-il, ont aperçu un campement non loin, avec des feux en grand nombre. Et ce sont des alliés !
- Des alliés, m’étonne-je ?


Il faut dire pour ma défense, que les alliés sont une chose très rare pour notre groupe. Sous le nom d’Ecorcheurs, nous avions pillé tant et tant de contrées qu’on peut facilement trouver des ennemis, nous sommes toujours recherchés dans la plupart des contrées existantes, morts, et surtout pas vifs, preuves de la crainte que nous engendrons encore à ce jour. Mais ils avaient été fort rare pour nous de nous joindre à d’autres depuis la chute de Quel Thalas.


-  Qui sont-ils, demande-je finalement ?
- Les éclaireurs m’ont dits trouver le camp étrange, car s’il était manifeste que ses propriétaires possédaient des richesses, au vu de leurs montures, armes et armures, ils se distinguaient en portant tous un même vêtement !
- Et... ?
- Ils portaient tous un chapeau… de paille !
- Vraiment ? Mais que font-ils ici ? Nous sommes si loin de leurs terres !
- Ça, il faudra leur demander à eux !


Nous nous remettons en route, et une heure plus tard, après un voyage sans anicroche, nous tombons effectivement sur un campement dont monte des chants qui exprime la joie et le bonheur d’une journée de rapines bien remplie, décrivant certains de ses aspects avec minutie. Mais si leurs guerriers continuent la fête, une délégation de braves vient nous souhaiter la bienvenue et nous rencontrer.


Rapidement, nous ordonnons aux nôtres de monter notre camp, à proximité, et quand cela est fait, ils rejoignent pour la plupart la fête de nos voisins. Quand à nous, nous gagnons la tente de commandement, accompagné de nos amis. C’est ainsi que Nordberg, Ragnar, Leso junior et moi-même nous retrouvons face à Lordof, Pistachou, Poiiire, Thinuviel, Haeldra, Zenokan Darak, Torgar, Isaak, Andel et Fetish. Bien entendu, nous offrons des tonneaux à nos invités en guise de bienvenu, tiré directement des réserves royales (Leso et Nord se sont débrouillé pour l’obtenir…).


Après avoir bu convenablement, nous discutons de parler. Nous, nous nous demandons ce qu’il vienne faire dans ces contrées, tandis qu’eux-mêmes semblent se questionner sur les raisons de notre déplacement, ayant remarqué que nous n’avons pas pris le temps d’incendier quelques fermes ou château !


- Tout d’abord, nous dit Pistachou, je suis heureux de vous revoir ! J’espérais bien croiser Thurin ou Akka, mais il me semble que je doive me contenter de vous !
- Exactement, répond Leso ! Mais que faites-vous si loin de vos terres ?
- On a entendu parle d’un regroupement de pays cherchant à vous anéantir ! Et comme on s’est dit qu’il y en aurait assez pour partager, on a décidé de venir vous aider !
- Votre aide sera la bienvenue, reprend Nordberg ! Mais pour le moment, nous nous dirigeons vers ce qui deviendra la nouvelle terre des Haladins de Brethil ! Nous ne nous battrons pas tout de suite !
- Et bien si cela ne vous dérange pas, nous vous accompagnerons, jusqu’à l’heure de la bataille ! Comme cela, j’aurais surement une chance de croiser Thurin et Akka !


La discussion continua quelques peu sur divers sujets, mais le plus important était dit ! Les chapeaux de paille, du nom qu’ils tiraient fièrement de leurs couvre-chefs, avaient décidé de nous rejoindre. Et une grande guerre se préparait.

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